Difficile de classer Barack Obama. Alors qu’il a toujours voté avec la gauche du parti au Sénat depuis son entrée en 2004, il veut à présent démontrer ses capacités à rassembler largement divers électorats américains, même la frange conservatrice. Ses conseillers viennent d’horizon divers.
Au cours de ses meetings, il n’insiste pas sur les points de son programme qui le classent à gauche (comme la peine de mort, cf ci-dessous), tend la main à ceux qui ont approuvé la guerre en Irak et gomme les divergences politiques du pays. « Il n’y a pas une Amérique de gauche et une Amérique conservatrice, il y a les Etats-Unis d’Amérique », martèle-t-il.
A la veille des primaires dans des Etats industriels tels que l’Ohio et la Pennsylvanie, son discours s’est toutefois teinté de préoccupations sociales. Il s’est notamment attaché à dénoncer les effets pervers de la mondialisation et de l’accord de libre-échange nord-américain (Alena). Il détaille peu son programme lors des meetings, ce qui lui est amplement reproché par ses adversaires.
La position de Hillary Clinton est plus claire. La lisibilité de son programme est au centre de sa campagne. « Nous allons souligner les différences, faire la comparaison (entre nos programmes), pour donner un vrai choix », clame-t-elle. La candidate aime se présenter comme une experte des questions économiques et diplomatiques. Avec une difficulté : devoir assumer le bilan de son mari durant les années 1993-2001.
Une comparaison entre les sites Internet des deux candidats révèle cette différence d’approche. Quand les thématiques d’Obama sont présentées pêle-mêle par ordre alphabétique, les sujets développés par Hillary Clinton sont classés par ordre d’importance : les classes moyennes, l’assurance maladie, la guerre en Irak et le réchauffement climatique.
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